Va et regarde / Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985)

Va et regarde / Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985)
Va et regarde / Requiem pour un massacre

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Réalisateur : Elem Klimov
Année de sortie : 1985
Pays : Russie
Acteurs : Alexei Kravtchenko, Olga Mironova, Luibomiras Laucevitchuis

Synopsis-: Biélorussie, 1943. Alors que l'armée nazie poursuit sa percée à l'Est, un adolescent naïf et exalté, Florya, décide de s'engager dans la résistance soviétique pour combattre l'envahisseur. Il rejoint la forêt. S'il y rencontre l'amour, la furie absolue de la guerre le rattrape.

Critique-: Film fort et émouvant, cette ultime réalisation de Klimov nous dépeint la Biélorussie plongée dans la guerre en 1943, mais vue par un garçon de 16 ans dont la famille et le village ont été anéantis par les nazis. Le spectateur est invité à "aller regarder" le jeune Florya (Alexei Kravtchenko) errer seul, un fusil à la main, dans ce pays gris, boueux, rongé par les nazis et le feu, afin de voir avec lui les atrocités commises en temps de guerre, jusqu'à de qu'il rejoigne un groupe de partisans au sein duquel il va se distinguer. Certaines scènes sont inoubliables : sa lutte éreintante pour se sortir d'un marais et rejoindre un campement de femmes en pleurs et le voyage pour trouver de la nourriture, accompagné d'une effigie d'Hitler avec une tête de mort. Aussi la scène où un groupe de partisans, en uniformes allemands, terrorise leur nouvelle recrue, Florya, tout en se faisant photographier ! Le film est une représentation dantesque de la guerre. Klimov peaufine la bande son, au point de la rendre silencieuse lors de bombardements intensifs. Florya étant tout simplement assourdi. Contrairement à grands nombres de films du genre, celui-ci ne présente par de héros, mais des images choquantes, brutales, entremêlées de visions poétiques. L'apocalypse selon Klimov


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# Posté le mardi 05 août 2008 13:48

Modifié le mardi 26 août 2008 03:28

Manhattan (Woody Allen, 1979)

Manhattan (Woody Allen, 1979)
Manhattan

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Réalisateur : Woody Allen
Année de sortie : 1979
Pays : USA
Acteurs : Woody Allen, Diane Keaton, Michael Murphy

Synopsis-: Isaac Davis est un auteur de sketches comiques new-yorkais de 42 ans que son épouse Jil vient de quitter. Celle-ci vit maintenant avec une autre femme, Connie, et écrit un livre sur son ancienne vie conjugale.
Isaac, quant à lui, entretient avec une collégienne de 17 ans, Tracy, une liaison dont il lui rappelle le caractère éphémère. Il l'abandonne bientôt pour se mettre en ménage avec Mary Wilke, la maîtresse de Yale Pollack, son meilleur ami.


Répliques-:
_"J'ai enfin pu avoir un orgasme mais mon docteur m'a dit que c'était le mauvais type."
_" Le mauvais type d'orgasme, vraiment ? Je n'ai jamais eu le mauvais type d'orgasme, jamais. Mon pire orgasme était pile-poil."

Critique-: Avec Manhattan, Woody Allen réussit une description savoureuse du milieu intellectuel new-yorkais, très superficiel, au flot de paroles caractéristiques (Woody Allen est d'abord un formisable dialoguiste). Dans cette galerie de yuppies, Diane Keaton peaufine son personnage. Elle tourne alors son sixième film avec Allen depuis Tombe les filles et tais-toi. Avec Manhattan, Woody Allen poursuit une veine autobiographie, déjà sensible dans Annie Hall. C'est le dernier film qu'il évrit avec un coscénariste ; ensuite il volera de ses propres ailes. On voit dans ce film le noir et le blanc magnifique, la musique de Gershwin qui permet de donner une image poétique et toute intérieure de la réalité. Woody Allen affirme surtout sa capacité à faire naître une émotion au milieu de scènes plus légères ou de répliques comiques. Il livre ici les clés de son univers et aborde ces variations amoureuses avec une douce ironie. Emotion esthétique d'abord avec notamment les plans contemplatifs de Manhattan. Emotion dramatique surtout : il suffit de se rappeler par exemple la scène de la séparation d'Isaac (Allen) et de Tracy (Mariel Hemingway) autour d'un harmonica... Woody Allen démontre son talent de directeur d'acteurs (avec peut-être une préférence pour les actrices !). La facilité avec laquelle Woody Allen mélange émotion pure et humour a souvent permis qu'on le rapproche de Charlie Chaplin. Il est vrai aussi que tous les deux ont su créer à l'écran un personnage qui suscite tour à tour le rire et la sympathie sans que jamais ces deux émotions contradictoires ne nuisent l'une à l'autre. Le Woody de l'écran, looser névropathe, bavard au débit saccadé proche du bégaiement, ne cesse de nous faire rire et de nous toucher par sa description des temps modernes et des lumières de la ville.


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# Posté le mardi 05 août 2008 16:00

Modifié le lundi 18 août 2008 12:17

Blue Velvet (David Lynch, 1986)

Blue Velvet (David Lynch, 1986)
Blue Velvet

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Réalisateur : David Lynch
Année de sortie : 1986
Pays : USA
Acteurs : Kyle MacLachlan, Isabella Rossellini, Dennis Hopper

Synopsis-: Epaulée par son amie Sandy, Jeffrey, un jeune homme, mène son enquête concernant une oreille humaine trouvée dans un terrain vague. Il croise sur son chemin Dorothy Vallens, une mystérieuse chanteuse de cabaret.

Répliques-:
Jeffrey Beaumont: "Tu vois cette horloge? Dans cinq minutes, tu ne vas pas en revenir de ce que je viens de te dire."

Critique-: Cette fable radicale de David Lynch est un des films les plus inspirés des années 80. Satire de l'autosatisfaction régnante dans les villes de province américaines, c'est aussi une puissante parabole sur l'enfer qui se cache parfois dans les petits paradis. Blue Velvet débute par des images idylliques de l'Amérique : maisons proprettes, pelouses impeccables, basses clôtures d'un blanc immaculé... Un homme s'effondre alors qu'il arrosait son jardin. La caméra nous révèle des colonies d'insectes parmis les brins d'herbe. Un peu plus tard, un étudiant (Kyle MacLachlan) trouve une oreille coupée dans un champ. Avec sa petite amie (Laura Dern), il mène l'enquête. Ils pénètrent un univers de film noir, avec une femme fatale (Isabella Rossellini) et un méchant sadique (Dennis Hopper). "Es-tu un détective ou un vicieux?" demande en fin de compte Dern à MacLachlan. La réponse est sans doute que le réalisateur, et son public, sont un peu les deux ! Le film n'est pas trop situé dans le temps: la chanson de Bobby Vinton donnant son titre au film date de 1963, alors que les autres airs sont plus contemporains. Ce film est un pur chef-d'oeuvre. Les acteurs jouent avec une telle justesse et le scénario est énome. Les scènes n'en parlons pas, elles sont gigantesques.


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# Posté le jeudi 07 août 2008 05:46

Modifié le lundi 18 août 2008 12:17

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001)

Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet, 2001)
Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain

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Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
Année de sortie : 2001
Pays : France
Acteurs : Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Isabelle Nanty, Jamel Debbouze, Yolande Moreau

Synopsis-: Amélie, une jeune serveuse dans un bar de Montmartre, passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination divaguer. Elle s'est fixé un but : faire le bien de ceux qui l'entourent. Elle invente alors des stratagèmes pour intervenir incognito dans leur existence.
Le chemin d'Amélie est jalonné de rencontres : Georgette, la buraliste hypocondriaque ; Lucien, le commis d'épicerie ; Madeleine Wallace, la concierge portée sur le porto et les chiens empaillés ; Raymond Dufayel alias "l'homme de verre", son voisin qui ne vit qu'à travers une reproduction d'un tableau de Renoir.
Cette quête du bonheur amène Amélie à faire la connaissance de Nino Quincampoix, un étrange "prince charmant". Celui-ci partage son temps entre un train fantôme et un sex-shop, et cherche à identifier un inconnu dont la photo réapparaît sans cesse dans plusieurs cabines de Photomaton.


Répliques-:
(Amélie veut donner de l'argent à un SDF)
Le SDF : "Non merci ma p'tite dame je travaille jamais le dimanche."

Critique-: Amélie, jeune fille charmante et rêveuse, brise la solitude en découvrant sa vocation: faire le bonheur des gens. Tel est le sujet, résumé de façon laconique, du "Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" de Jean-Pierre Jeunet. Dans ce monde de violence et de haine qui s'étale dans la majorité des films d'aujourd'hui on pourrait se féliciter du succès d'une réalisation qui privilégie ostensiblement l'optimisme et la gentillesse. Mais le triomphe commercial qui apporte au film un destin fabuleux nous amène à aller voir de plus près. La mariée est-elle trop belle? Une production qui dépasse les huits millions d'entrées en France et neuf millions à l'étranger apporte évidemment des révélations sur l'image qu'un peuple se donne de lui-même et qu'il donne aux autres. Et là, les choses se gâtent. Amélie et ses voisins sont présentés en une série de portraits au pittoresque appuyé comme les aime le Jean-Pierre Jeunet de "Delicatessens" (1991) et de "La Cité des enfants perdus" (1995): la buraliste hypocondriaque, la concierge amoureuse délaissée, l'épicier coléreux, son commis débile, l'écrivain raté, le vieux peintre du dimanche qui recopie cent fois les tableaux de Renoir, le médecin militaire qui collectionne les nains de jardins... Tous relèvent d'une imagerie passéiste et vieillotte, tous sont caractérisés d'un trait unique et définitif. A la façon de Nino, le jeune homme qui collectionne les clichés abandonnés de Photomaton, Jeunet addionne des personnages sans profondeur, sans contradiction et sans évolution, plus schématiques que ceux des films d'animation. Il arrive très souvent qu'on rit, qu'on prenne du plaisir, qu'on pleure. Ce film est un pur chef d'oeuvre à regarder du début à la fin. Il marque un style particulier aux couleurs chaudes, avec une présentation inhabituelle et une réalisation envoûtante.


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# Posté le jeudi 07 août 2008 05:57

Modifié le lundi 18 août 2008 12:17

Toy Story (John Lasseter, 1995)

Toy Story (John Lasseter, 1995)
Toy Story

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Réalisateur : John Lasseter
Année de sortie : 1995
Pays : USA
Acteurs : Tom Hanks, Tim Allen, Don Rickles

Synopsis-: Quand le jeune Andy quitte sa chambre, ses jouets se mettent à mener leur propre vie sous la houlette de son pantin préféré, Woody le cow-boy. Andy ignore également que chaque anniversaire est une source d'angoisse pour ses jouets qui paniquent à l'idée d'être supplantés par un nouveau venu. Ce qui arrive quand Buzz l'éclair est offert à Andy. Cet intrépide aventurier de l'espace, venu d'une lointaine galaxie, va semer la zizanie dans ce petit monde et vivre avec Woody d'innombrables aventures aussi dangereuses que palpitantes.

Répliques-: "Tu es un jouet !"

Critique-: Jusque dans les années 50, c'était le studio qui définissait le standards de qualité et les caractéristiques des films portant leur logo. En 1990, Pixar reprend cette tradition pour son premier long métrage d'animation : il sera entièrement réalisé par ordinateur. Cinq ans plus tard, Toy Story est un succès. Le premier blockbuster produit par studio Pixar fut Toy Story. C'était leur premier long métrage distribué en salles. Inspirée d'un précédent court métrage de John Lasseter, c'est l'histoire des jouets d'Andy, un petit garçon de six ans. Woody est un cow-boy et le jouet préféré d'Andy jusqu'à ce qu'il reçoive pour son anniversaire un spationaute en plastique, Buzz l'Eclair. Dès lors, Woody se retrouve avec les autres jouets délaissés, à prendre la poussière dans un coin. Jaloux, il tente de se débarrasser de son naïf rival. Le choix du sujet est dû à l'imperfection du logiciel qui était encore à l'époque incapable de rendre la texture de la peau humaine, lui donnant l'aspect de plastique. L'animation par ordinateur permet en revanche une fluidité et un dynamisme que le dessin animé traditionnel ne peut rendre. Mais surtout Lasseter et le studio Pixar imposent des standards de qualité: une histoire riche en rebondissements, de nouvelles perspectives et des personnages originaux et inoubliables, issus d'une imagination féconde. Pixar a développé une culture corporative qui nourrit sa créativité. Le studio en est récompensé, film après film : Mille et une pattes (1998), Toy Story 2 (1999), Monstres et Cie (2001), Le Monde de Nemo (2003), Les Indestructibles (2004) et Cars (2006) (hélas, je n'ai pas encore vu Cars).


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# Posté le dimanche 10 août 2008 10:48

Modifié le lundi 18 août 2008 12:16